• Exit n°1

     

    Exit n°1

     

    Comme dans un cabinet de curiosité les objets extrais du sol apparaissent pelle-melle, sans lien les uns avec les autres. On trouve au même endroit un plomb de pêche, une barrette. En apparence rien ne sembler prédestiné ces objets à la cohabitation impromptue. Sorte de fragments qui n’ont comme point commun qu’une histoire oubliée. Un chao à la limite du visible. Dans l’installation, je voulais que les objets soient des jeux d’enfants et des armes. Ils ne devaient pas appartenir au même temps, mais a une seul et même personne. Ces armes et ces jouets sont souvent ornementées par des représentations d’animaux, des bêtes malmenées par le temps, qui les a atrophiées, percées. Ils sont comme la rouille symbolique de l’évolution fantasmée du temps sur les choses. Ces représentations animales et naïves, ont toutes des miniatures avec lesquelles on se raconte des histoires. Recouvrir un objet de ciment, c’est lui apposer une pellicule qui dissimule sa matière originelle. On ne peut alors que présupposer la matière de l’objet sous la couche de ciment, de terre. Cette fine pellicule superficielle a le pouvoir d’agglomérer et d’unifier des morceaux d’objets qui n’ont pas les mêmes caractéristiques. Les cinq cordes qui traverse les châssis sont les lignes d’une portée sur les quelles viennent s’inscrire des notes fossiles. Une partition anachronique.

    Ce travail a été réalisé en deux parties. Dans un premier temps, j’ai conçu des objets que j’aurais aimé trouver sous terre, par la suite, j’ai mené un travail de prospection véritable à l’aide d’un détecteur à métaux sur des territoires à proximité de Paris. Il y a donc deux faces, l’une issue de mon imaginaire et de mes fantasmes et l’autre plus réelle. Jusqu’à présent, je m’étais concentrée sur la partie visible, la croûte supérieure. Maintenant j’aborde la partie inférieure et souterraine. Il est indispensable à mes yeux que le factice cohabite avec ce que nous reconnaissons et identifions comme vraisemblable, ce que nous consi dérons  parfois comme vrai. L’archéologie du souvenir et du rêve se heurte ainsi à des fragments de réalité. À l’aide d’un détecteur à métaux, j’ai cherché des objets échoués sous la terre. Ignorant les histoires qui avaient constitué cet enchevêtrement invisible d’objets.

    Exit n°1

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